L'approximation des régimes quasi-stationnaires, ou ARQS, définit le cadre d'étude de l'électrocinétique courante. Concrètement, cette approximation consiste à négliger tout phénomène propagatif. Cela revient à avoir les temps caractéristiques de propagation \(\tau\) et de variation du système \(T\) qui vérifient :
$$ \tau \ll T $$Cette approximation a pour conséquence l'absence d'accumulation de charges : l'intensité est la même en tout point d'une branche.
Une autre conséquence importante de l'ARQS est la loi des nœuds.
La loi des nœuds consiste à dire que la somme algébrique (positif si orienté vers le nœud, négatif sinon) des courants dirigés vers un nœud est nulle.
$$ \sum_{k} i_k = 0 $$avec \(i_k\) le courant algébriquement entrant dans le nœud depuis la branche \(k\).
La loi des mailles consiste à dire que la somme algébrique des tensions d'une maille (on définit un sens, si la flèche de la tension est dans le sens de rotation défini alors elle est comptée positivement, sinon elle est comptée négativement) est nulle.
$$ \sum_{k} u_k = 0 $$En électrocinétique, deux conventions sont utilisées pour décrire un dipôle : la convention récepteur et la convention générateur.
On aura tendance à donner toujours les mêmes conventions à certains dipôles (résistance en convention récepteur, générateur en convention générateur...). On fera attention à ne pas se laisser abuser par les conventions.
Ce choix de convention a tout de même une conséquence importante : la puissance, qu'elle soit reçue ou cédée ainsi que la loi d'Ohm ne s'écrivent pas de la même manière suivant la convention.
On étudie principalement trois dipôles, chacun caractérisé par une loi mettant en lien la tension à ses bornes et l'intensité qui le traverse.
La loi d'Ohm donne :
$$ u = R\times i $$L'énergie dissipée par une résistance s'écrit :
$$ \mathcal{E}_{\text{dissipée}} = Ri^2 = \frac{u^2}{R} $$La loi du condensateur donne :
$$ i_C = C\frac{du_c}{dt} $$L'énergie emmagasinée par le condensateur s'écrit :
$$ \mathcal{E}_{\text{emmagasinée}} = \frac{1}{2}Cu_c^2 $$De là, comme l'énergie est une grandeur physiquement continue dans le temps (on ne peut pas instantanément créer ou détruire de l'énergie), la tension aux bornes du condensateur apparaît également comme une grandeur continue dans le temps.
La loi de la bobine donne :
$$ u_L = L\frac{di}{dt} $$L'énergie emmagasinée par la bobine s'écrit :
$$ \mathcal{E}_{\text{emmagasinée}} = \frac{1}{2}Li^2 $$De là, comme l'énergie est une grandeur physiquement continue dans le temps (on ne peut pas instantanément créer ou détruire de l'énergie), l'intensité qui parcourt une bobine apparaît également comme une grandeur continue dans le temps.
Un régime transitoire s'oppose à un régime permanent, il est la période de transition entre deux régimes permanents, du fait de la variation d'un paramètre extérieur. Les équations différentielles de chacun des circuits classiques sont obtenues par la même méthode :
Le circuit RC série donne l'équation différentielle suivante :
$$ e = \underbrace{RC}_{\tau} \times \frac{du_c}{dt} + u_c $$Le circuit RL série donne l'équation différentielle suivante :
$$ \frac{e}{R} = \underbrace{\frac{R}{L}}_{\tau} \times \frac{di}{dt} + i $$Le circuit RLC série donne l'équation différentielle suivante :
$$ \frac{e}{LC} = \frac{d^2u_c}{dt^2}+ \underbrace{\frac{R}{LC}}_{\frac{\omega_0}{Q}} \frac{du_c}{dt} + \underbrace{\frac{1}{LC}}_{\omega_0^2} u_c $$On se place dans le régime libre, c'est-à-dire \(e=0\) et on travaille donc avec :
$$ \frac{d^2u_C}{dt^2} + \frac{\omega_0}{Q}\frac{du_C}{dt} + \omega_0^2 u_C = 0 $$Pour résoudre l'équation différentielle précédente, on commence par regarder son équation caractéristique associée :
$$ x^2 + \frac{\omega_0}{Q}x + \omega_0^2 = 0 $$On en calcule le discriminant \(\Delta = \left(\frac{\omega_0}{Q}\right)^2 - 4\omega_0^2 = \omega_0^2 \left(\frac{1}{Q^2}-4\right)\). On distingue donc trois cas, selon le signe du discriminant.
C'est-à-dire si \(Q^2 > \frac{1}{4}\) ou encore \(Q > \frac{1}{2}\). Alors l'équation caractéristique a deux solutions :
$$ \omega_1 = \frac{-\omega_0}{2Q}+\frac{\omega_0 \sqrt{1-4Q^2}}{2Q} \qquad \omega_2 = \frac{-\omega_0}{2Q}-\frac{\omega_0 \sqrt{1-4Q^2}}{2Q} $$La solution prend alors la forme suivante :
$$ u(t) = A\exp(\omega_1 t) + B\exp(\omega_2 t) $$On sait que \(u\) est une fonction continue du temps, et que \(i = C\frac{du_c}{dt}\) l'est aussi, car c'est l'intensité qui traverse aussi la bobine. Alors, en prenant comme condition initiale \(u(0) = e\) et \(i(0)=0\), on trouve une fonction apériodique, d'où le nom du régime.
C'est-à-dire si \(Q^2 = \frac{1}{4}\) ou encore \(Q = \frac{1}{2}\). Alors l'équation caractéristique a une unique solution :
$$ \omega = \frac{-\omega_0}{2Q} $$La solution prend alors la forme suivante :
$$ u(t) = \exp(\omega t)(A+Bt) $$On sait que \(u\) est une fonction continue du temps, et que \(i = C\frac{du_c}{dt}\) l'est aussi, car c'est l'intensité qui traverse aussi la bobine. Alors, en prenant comme condition initiale \(u(0) = e\) et \(i(0)=0\), on trouve une fonction apériodique qui croît plus vite que n'importe quelle autre fonction du régime apériodique, d'où le nom de régime apériodique critique.
Les modèles de Thévenin et de Norton, plus précisément le passage d'un modèle à l'autre, est un outil très puissant pour la résolution de problèmes d'électrocinétique.
Cette transformation sert à passer, fictivement, d'un générateur de tension à un de courant, et inversement.
Application de l'équivalence.
On considère le circuit ci-joint. Déterminer, fort de ce qui précède, les valeurs de i₁, i₂ et i₃ en fonctions des autres paramètres.